Arthur Yamniak
peintre - né à paris en 1986
Pourquoi l'autoportrait ?
pour répondre à cette question, Je pourrais dire, du point de vue pratique, que j’ai le modèle sous la main et que je peux tout lui infliger… il ne râle jamais, ou presque.
Du point de vue narcissique, que je profite de l’aubaine d’avoir sous la main un modèle parfait.
Du point de vue nonchalant, que c'est par pure facilité.
Du point de vue militaire, que c'est par pure lâcheté : il refuse de peindre les autres, le couard !
Du point de vue psychanalytique, que je n’ai pas de réponse… et j'utiliserais adroitement des mots comme “le moi”, “la sublimation”…
Du point de vue poétique, que c’est un appel. Que seule la muse de la grâce, qui un jour est venue (etc...), pourrait vous répondre.
Du point de vue cérébral et critique, QUE c’est une exploration de notre monde saturé d’images, où l’instantané et le selfie effacent le temps et la présence. Peindre mon visage devient un moyen de ralentir, d’observer et de montrer ce qui résiste au flux.
Du point de vue mécanique, que c’est un moteur qui consomme une essence que j’ai en réserve. et moi, tant que ça roule…
Du point de vue mercantile, que c’est un produit d’appel Performant.
Du point de vue rabelaisien, que c’est pour vous divertir, redoutables et illustres regardeurs.
Comme un peintre de métier, je pourrais vous répondre que j’ai bien peur que les mots ne suffisent pas à expliquer tout cela… c’est la grandeur de la peinture ! Et comme un artisan, qu'inlassablement, je ne fais que suivre le plan.
D’un point de vue pragmatique, que l’autoportrait est une contrainte et un point d’appui intéressant, autour duquel je peux expérimenter sans jamais perdre pied… et que ce choix exclusif me force à explorer le temps, le corps, le détail, le changement et la répétition.
Par l'absurde : pour que vous vous posiez la question.
et enfin, par esprit de contradiction, en répondant par une autre question : pourquoi les autres ne peignent que les autres et pas eux-mêmes ?
Je vous laisse le choix de ma réponse.